30/09/2015

Jean-Claude Biver un homme qui tient parole...

Hier fut un grand jour pour moi l'occasion de voir en vrai le Roi Pelé. En effet je me rappelle de la première coupe du monde de football que j'ai vécu étant enfant et de la tristesse que j'ai vécu alors que les Brésiliens de Zico furent éliminés par la France de Platini en quart de finale de la coupe du monde de 1986. Qui sait dans quelques semaines Zico deviendra peut-être Président de la FIFA.

Revenons donc maintenant aux montres et à un des grands capitaines de cette industrie. Je parle de Monsieur J.-C. Biver. En effet il y a près de quatre ans je me suis lancé sur les chemins de l'indépendance en créant ma propre affaire dans cette belle industrie après y avoir travaillé comme employé durant près de quinze ans. Je fus surpris de voir, et je vous l'avoue franchement, à quel point je fus snobé par certains CEO de grandes marques alors que je venais de quitter un prestigieux nom de cette industrie pour me lancer à mon compte. Une personne cependant se démarqua totalement parmi ces quelques CEO qui il faut le dire sont parfois arrogants et auraient besoin d'une bonne leçon d'humilité. Il s'agit de Monsieur Biver.

Quel ne fut pas ma surprise lorsque quelques semaines après mon premier Baselworld comme indépendant je fus contacté sans que je ne demande rien à personne par une très sympathique collaboratrice de la maison Hublot. Elle me proposa spontanément de venir visiter la manufacture et par la même occasion rencontrer Monsieur Biver qui visiblement était intéressé à connaitre mes projets. Je l'avais déjà rencontré auparavant mais je n'avais jamais eu l'occasion de prévoir un entretien avec lui qui fût initialement prévu pour une demi-heure. Je m'en souviens comme si c'était hier. Arrivé à la réception de Hublot je me présentai pour dire que j'avais un rendez-vous avec Monsieur Biver dont je vis déjà avant d'entrer dans la manufacture le nom peint sur le sol de sa place de parking parfaitement centré devant l'entrée du bâtiment.

Ce moment était arrivé j'avais rendez-vous avec lui le vrai en chair et en os l'actuel pape de l'industrie horlogère. Quel ne fut pas ma surprise lorsque je vis ses poignets garnis de deux montres. D'un côté une Hublot reconnaissable de loin et de l'autre une magnifique Patek Philippe datant si mes souvenirs sont bons des années trente. Il s'agissait d'un magnifique chronographe à roue à colonnes que les plus grands experts de montres anciennes appelleraient du "old new stock". Je commençai par admirer à la loupe ce magnifique chronographe devant le pape de l'industrie horlogère en personne. Et c'est là que par une de ses remarques je réalisai que hormis d'être un des plus brillants communicateurs toutes industries confondues qu'il était également un des plus fins connaisseurs de haute horlogerie. Il me fit remarquer que sa Patek Philippe faisait encore partie de la toute première génération des chronographes de la marque qui n'étaient pas encore équipés d'antichocs. Au fond j'avais face à moi l'équivalant d'une Jaguar Type E qui également à l'époque n'avait bien entendu pas encore d'airbags et croyez moi ceci excite particulièrement ma fibre horlogère.

En seconde partie d'entretien initialement prévu d'une demi-heure et qui se termina après une heure il me parla du futur d'Hublot. Notamment de sa volonté d'agrandir la part des montres dites manufacture donc équipée de mouvement propre à Hublot. Il me dit: "Vous verrez vous allez revenir on va tout regrouper ici et on va faire grandir la part de mouvements manufacturés au sein de notre marque...". Un discours que j'avais déjà entendu de la bouche d'autres auparavant sans réellement en voir la concrétisation. Hier, invité à l'inauguration de Hublot 2 le second bâtiment nyonnais de la marque je peux que confirmer ce que Monsieur Biver, un homme qui tient parole, m'a dit il y a près de quatre ans. Aujourd'hui La maison Hublot manufacture les mouvements de près d'un tiers de sa production et son site de production est devenu un des meilleurs de l'industrie horlogère.

hublot,jean-claude biver,pelé

De gauche à droite, Jean-Claude Biver, Lapo Elkann, Bar Refaeli, Ricardo Guadalupe, Pelé ainsi qu'Estéban Gutierrez. Pour accéder au site de la marque cliquez sur l'image.

17:20 Publié dans Horlogerie, Sport | Tags : hublot, jean-claude biver, pelé | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

14/08/2015

Ce burin fixe en vitrine tout un symbole...

Cela fait déjà maintenant un bon moment que je passe régulièrement devant la vitrine genevoise d'un prestigieux horloger de la région. Il y expose dans l'une de ses vitrines un burin fixe. Avant tout qu'est-ce qu'un burin fixe? Je dirais qu'il est à l'horloger ce qu'une machine à coudre est à la couturière.

La maîtrise ou pas ce cet outil différencie un "assembleur de mouvements" à un véritable horloger qui lui a un jour lors de son apprentissage vu jaillir de cet outil à la force de son bras des copeaux métalliques. Je m'en souviens encore alors que nous en avions une douzaine à l'Ecole d'Horlogerie de Genève et que ces outils probablement déjà tous centenaires nous donnaient une précision proche au quart de centième de millimètre. Pour référence le diamètre d'un cheveu représente environ 20 quarts de centièmes de millimètre.

Cet outil demande une connaissance précise notamment pour l'affutage de son burin que l'on peut comparer à l'aiguille de la machine à coudre d'une couturière. Son angle de coupe doit avoisiner les 80 degrés et est parfois plus élevé pour certaines opérations mais nous n'allons pas aller jusqu'à dévoiler sur la toile des secrets bien gardés et transmis de génération en génération.

Ceci dit la raison pourquoi je vous parle aujourd'hui de cet outil exposé dans la vitrine d'un prestigieux horloger de la région c'est que ce prestigieux horloger s'y connait visiblement plus en marketing qu'en horlogerie. En effet son magasin est très beau et a certainement été facturé plusieurs centaines de milliers de francs suisses par un architecte. Il y a certainement placé les meilleurs spots et les meilleures vitrines pour y mettre en valeur notamment un burin fixe.

En regardant de près j'ai cependant très vite réalisé que le contenant était meilleur que le contenu. En effet les courbes que l'on peut voir sur cet outil exposé sont très belles mais concernant le burin lui-même, cœur de l'outil, un enseignant de deuxième année m'aurait dit: "mais ce n'est pas un burin c'est un clou...". Pour vous l'expliquer plus clairement c'est comme si un grand couturier exposerait une magnifique machine à coudre à pédale dans sa vitrine arborant une aiguille clairement cassé et j'irai même jusqu'à dire fixée dans le faux sens sur la machine. Et le plus surprenant est que personne ne le réalise.

Bref, ceci différencie de nos jours peut-être les gens qui sont intéressé par faire de la belle horlogerie ou peut-être tout simplement de l'argent. Elle montre peut-être aussi la venue de soi-disant "expert en horlogerie" ayant commencé à s'intéresser à cette industrie après qu'elle ait passée la barre des vingt milliards de francs suisses d'exportation annuelle. Ou peut-être aussi ceux qui avant de vouloir vendre de la haute horlogerie sont passés par d'autres secteurs enrichissants comme la vente de dentifrice, de papier ménage ou de savon.

Après la lecture de ces quelques ligne certains horlogers de la région iront certainement dans leurs points de vente genevois pour voir s'ils sont concerné par cette note que je viens d'écrire. Ils y iront probablement avec leur responsable marketing, leur architecte, leur décorateur mais n'oubliez pas le plus important, un horloger qui sache se servir d'un burin fixe.

burin fixe.jpg

Ci-dessus un burin fixe datant de la fin du XIXème ou du début du XXème siècle

16:00 Publié dans Horlogerie | Tags : burin fixe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

06/08/2015

Mon intervention au 19:30 de RTS1

Vous trouverez ci-dessous un lien vers mon intervention au 19:30 de RTS1 concernant la montre connectée. Dans le parallèle entre la montre connectée de Swatch à CHF 135.- et celle d'Apple à CHF 389.- il y a encore l'autonomie sur laquelle on peut parler. La montre d'Apple arrive difficilement à 24 heures alors que celle de Swatch arrive à 8 mois. Quant à la déferlante que la montre connectée devrait amener sur l'industrie horlogère suisse à ce jour ceci me rappelle le bug de l'an 2000 où nous aurions dû tous rester bloqué dans les ascenseurs. Je vous souhaite un bon visionnement.

rts1,19:30

Cliquez sur l'image et vous verrez la séquence de ce jour parlant de la nouvelle Swatch connectée face à la montre d'Apple.

21:29 Publié dans Horlogerie | Tags : rts1, 19:30 | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

10/07/2015

Asafa Powell on the top of Europe

C'est avec grand plaisir que j'ai eu l'honneur de rencontrer aujourd'hui le deuxième homme le plus rapide de la planète. Vous l'aurez peut-être reconnu il s'agit d'Asafa Powell. Il a été durant près de trois ans le tenant du record du monde du 100 mètres avant que ce record soit repris par son compatriote jamaïcain Usain Bolt.

Invité par mes amis de la maison Hublot c'est avec grand plaisir que je suis monté tôt ce matin dans un train depuis Genève en direction d'Interlaken où mes amis de la maison horlogère m'attendaient. Après avoir continué ce voyage ferroviaire en direction de Grindelwald c'est à la petite Scheidegg que nous sommes entré dans le légendaire train à crémaillère nous menant à la Jungfraujoch où est située la gare ferroviaire la plus haute d'Europe, d'où le slogan "Top of Europe". Toute personne ne l'ayant jamais fait se doit d'au moins une fois prendre ce train faisant partie de notre patrimoine national. Son passage dans la face nord de l'Eiger est impressionnant tout comme les deux pauses avec points d'observations que le funiculaire propose durant l'ascension. Durant ce périple la vue sur les trois prestigieuses montagnes des alpes bernoises est simplement magnifique, l'Eiger, le Mönch, la Jungfrau chaque alpiniste en rêve. Je fus particulièrement heureux de revoir le Mönch montagne que j'ai gravi il y a près d'un an et cette fois-là pas en funiculaire mais encordé avec crampons aux pieds et piolet à la main.

Arrivés à la Jungfraujoch c'est Asafa Powell qui y était déjà accompagné du triple champion olympique Dario Cologna ainsi que les charmantes coureuses suissesses du 4 x 100 mètres. Mujinga Kambundji y était donc, elle qui est la Suissesse la plus rapide de tous les temps. Elle m'informa lors d'une conversation individuelle que sa vitesse de pointe était aux alentours des 32 km/h... Également sur place Kilian Wenger sacré roi de la lutte suisse en 2010. Une fois tout ce monde en place c'est également quelques dizaines de juniors et espoirs de demain qui sont venus s'y joindre. Quelle plaisir de voir tous ces enfants courir une course de relais et voir des athlètes comme Asafa Powell ou les quatre relayeuses suissesses leurs passer le témoin. Je vous le dis à voir ce que j'ai vu aujourd'hui je suis confiant en l'avenir de notre pays.

Le point culminant de la partie sportive de la journée fût cependant une course avec Asafa Powell d'un côté sur une piste d’athlétisme fixée sur la neige et de l'autre Dario Cologna avec ses ski de fonds qui se sont affrontés sur 100 mètres. Les deux finirent ex aequo. Voir un athlète comme Asafa Powell faire ces pas de géant fût très impressionnant. Pour terminer la partie sportive et comme l'on pourrait dire au pays de l'horlogerie pour "remettre les pendules à l'heure" une ultime épreuve sportive fût organisée... un bras de fer entre Asafa Powell et notre champion de lutte Kilian Wenger. Inutile de vous dire que sur ce combat là c'est bien la Suisse qui a battu la Jamaïque.

Pour terminer par une partie récréative et gustative inutile de vous dire qu'à près de 3500 mètres d'altitude il était inutile d'amener des cubes de glace pour mettre le champagne au frais. Un simple seau à champagne rempli de neige trouvée sur place suffisait pour maintenir le breuvage à parfaite température. Quant au retour en vallée ce fût un grand plaisir de le faire en hélicoptère et de voir défiler ce magnifique paysage en quelques minutes. Merci à Hublot pour cette si belle journée et surtout pour soutenir si activement le sport.

Asafa Powell

Pour en savoir plus sur la Jungfraujoch cliquez ici et pour Hublot cliquez ici

23:08 Publié dans Horlogerie, Monde, Sport | Tags : asafa powell | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

30/06/2015

Le plus genevois des horlogers neuchâtelois

J'ai eu hier le plaisir de revoir une personne qui a indéniablement marqué l'histoire de l'horlogerie moderne et continuera à la marquer. Il s'agit de Christophe Claret. C'est il y a une quinzaine d'années que je l'ai rencontré pour la première fois. Je m'en souviens encore comme si c'était hier. Il venait de s'offrir au Locle une ancienne demeure de l'horloger danois Urban Jürgensen où il venait d'installer sa manufacture.

Ayant tout comme moi apprit le métier durant quatre ans à l'Ecole d'Horlogerie de Genève et également tous deux membres de la Société des Horlogers de Genève nous avons rapidement parlé le même langage. Passé par la même école et parfois les mêmes enseignants nous étions heureux de nous rencontrer entre horlogers genevois au sein des montagnes neuchâteloises. C'est cependant seulement il y a deux ou trois ans qu'il me fit le plaisir de me présenter personnellement sa manufacture. Elle avait entre-temps vu pousser un nouveau bâtiment et son équipe était passée de quelques dizaines à une centaine de collaborateurs.

Comme régulièrement dans ces visites c'est souvent les discussions en aparté qui sont les plus enrichissantes et amusantes en anecdotes. C'est ainsi que Christophe Claret me raconta son parcours. D'abord passionné de mécanique et de vélomoteur c'est à la fin des années septante qu'il entra à l'Ecole d'Horlogerie de Genève. Comme plusieurs générations d'horlogers il commença par y faire en première année son propre outillage dont la pièce maitresse était un micromètre. Il continua ensuite par faire ce que l'on nommait à l'époque la pièce école une montre de poche estampillée du précieux Poinçon de Genève sur laquelle chaque élève passait environ trois ans afin d'y apprendre le métier. La formation se termina par la restauration d'horlogerie ancienne qui reste aujourd'hui encore une partie très formatrice.

Une fois sorti de l'école il croisa le chemin de Roger Dubuis auprès duquel il continua à apprendre les secrets du métier. C'est notamment avec Roger Dubuis qu'il passa régulièrement boire le café dans un troquet du coin où le garçon de café n'était autre que Carlos Dias qui allait devenir une vingtaine d'années plus tard l'associé de Roger Dubuis. Après avoir passé un temps enrichissant auprès de Roger Dubuis et s'être fait servir le café par Carlos Dias il commença à créer parmi les plus prestigieux garde-temps et le plus souvent dans l'ombre de grandes marques. Contrairement à d'autres fournisseurs, notamment au niveau des modules chronographes, qui ont nivelés les marques vers le bas en offrant des options de chronographes pas chers à vendre très chers, Christophe Claret a fait l'inverse. En effet durant de nombreuses années il a vendu en toute discrétion aux plus prestigieuses maisons des répétitions minutes, tourbillons et autres prestigieux mécanismes afin de niveler toutes ces marques vers le haut. Il signe depuis quelques années ses propres montres qui valent la peine d'être regardées avec la plus grande attention.

C'est au soir du 31 octobre 2014 que je fus très heureux de revoir Christophe Claret au Grand Théâtre de Genève. C'est en effet à ce moment que le Grand Prix d'Horlogerie de Genève lui décerna le Prix de la Haute Mécanique pour Dame. Etant tenu par un devoir de discrétion je ne pourrais vous dire pour qui est allé mon vote mais je suis heureux d'avoir fait partie du jury qui a décoré Christophe Claret.

christophe claret

Pour visiter le site de sa marque cliquez ici

15:49 Publié dans Horlogerie | Tags : christophe claret | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

23/06/2015

Rolex est 25 fois plus précieux qu'Apple

En réponse à la note publiée hier sur ce blog (Apple fait 15 fois mieux que Rolex!) je me permets de remettre quelque peu les pendules à l'heure. En effet en quantité ce chiffre est probablement juste cependant en chiffre d'affaire la réalité est toute autre. J'imagine que le prix moyen d'une montre Apple sera d'environ CHF 400.- alors que du côté de Rolex nous sommes probablement à CHF 10'000.- Rolex est donc ainsi 25 fois plus précieux qu'Apple. Vous trouverez ci-dessous la montre que j'ai le plaisir de porter tous les jours depuis plusieurs années. C'est de l'économie verte pure et dure. Inutile de construire des centrales électriques supplémentaires pour la recharger. Un peu comme un moulin à vent, ou aujourd'hui une éolienne, elle se recharge automatiquement à chaque mouvement de mon poignet.

rolex,apple

Si vous voulez visiter le site non pas de la pomme mais de la couronne cliquez ici

10:44 Publié dans Horlogerie | Tags : rolex, apple | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg